La mensuelle de l'apprentissage - Newsletter juin 2022
 

Suivez les nouveautés de l'apprentissage et découvrez une fois par mois une actualité, un acteur et un cas pratique, liés à l'apprentissage.

Découvrez ce mois-ci, le numéro de l'été !

On se retrouve en septembre pour le prochain numéro de la mensuelle de l'apprentissage. En attendant voyons les aides pour les apprentis. Puis nous ferons la rencontre de l'acteur du mois : le médiateur de l'apprentissage. Et nous aborderons en détails, les congés révision

 

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  • Actualité

Les aides pour les apprentis

Ça y est ! La campagne de recrutement des apprentis a bien commencé. Ça chauffe dans les services de placement des CFA !

Depuis peu, sont même venus s’ajouter à la liste les candidats, ceux de Parcoursup. Et ce n’est pas une mince affaire, non plus, pour les accompagner. Car dans leur grande majorité ils ne connaissent pas grand-chose de l’apprentissage et du monde travail.

Parmi tous les sujets à aborder, il y a forcément les aides à destination des apprentis. Et détrompez-vous si cela ne vous semble pas la priorité : un apprenti bien informé sera plus à même de bien préparer son intégration et donc de réussir sa période probatoire en entreprise.

Mais, il y a tant de chose à faire quand on devient apprenti qu’on ne sait souvent pas par où commencer !

Alors ce mois-ci chez MGACF, on a décidé de se mettre en mode anticip-action :

- Comment accompagner vos apprentis pour les aider à bien démarrer leur installation dans leur nouvelle vie d’alternant ?

- Comment leur permettre d’identifier et d’obtenir les aides dont elles, et ils, ont besoin une fois la zone géographique du lieu d’exercice du contrat d’apprentissage connue ?

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Le moyen le plus simple pour commencer c’est d’aller sur le portail https://www.mesdroitssociaux.gouv.fr/accueil/.

C’est un portail universel destiné à tous, personnes en activité, sans emploi ou à la retraite. Il permet de visualiser et comprendre ses droits et prestations, de retrouver rapidement ses organismes de rattachement, de simuler ses droits sociaux, et de réaliser ses démarches en ligne. Il permet de consulter l’ensemble de ses ressources et de découvrir les évènements de vie qui appellent à de nouvelles démarches administratives. Essayez donc pour vous-même, vous verrez c’est assez stupéfiant !

Les CFA doivent recommander à leurs apprentis de se mettre rapidement en quête d’un logement car cumuler démarrage d’un contrat en apprentissage et recherche d’un logement, c’est vraiment galère.

Rappelez-vous on vous avait déjà parlé de Homers.fr comme solution à proposer à tous les alternants qui déménagent à plus de 70 kilomètres ou 1h15 de trajet ! Homers.fr est la première plateforme digitale française dédiée à la mobilité́ géographique et professionnelle. Et si vous avez besoin de vous rafraîchir la mémoire vous pouvez relire la newsletter de février 2022 ! 

Que leur recommander pour financer le coût du logement ? 

Se loger a un coût. Et pour les apprentis, ce poste de leur budget est souvent important. Heureusement, de nombreux dispositifs sont accessibles afin de diminuer cette charge souvent incompressible.

         Les aides de la CAF

Pour bénéficier d'une aide personnelle au logement (Als, Alf ou Apl), l’apprenti doit être citoyen français ou justifier d'un droit au séjour (ressortissants de l'Espace Économique Européen (Eee) ou de Suisse), ou disposer d'un titre de séjour en cours de validité (autres nationalités). Il lui faut aussi être titulaire de son bail (sauf pour les mineurs non émancipés).

Le logement doit être situé sur le territoire français, le demandeur ne pas avoir de lien de parenté avec le propriétaire de votre logement, doit avoir des ressources inférieures aux plafonds en vigueur, payer une part du loyer ou du remboursement du prêt et résider dans un logement décent avec un confort minimum.

L’arrivée dans le monde du salariat est parfois rude en termes de démarches administratives à accomplir. Ne pas oublier d’inviter vos apprentis à créer le plus rapidement possible un compte allocataire sur le site de la CAF. Ce compte est obligatoire pour faire des simulations et faire sa demande d’aide.

https://wwwd.caf.fr/wps/portal/caffr/aidesetservices/lesservicesenligne/estimervosdroits/lelogement#/stateaccueil

https://www.caf.fr/allocataires/aides-et-demarches/droits-et-prestations/logement/les-aides-personnelles-au-logement

Bien préciser que les apprentis ne sont pas considérés comme étudiants pour le calcul de leur aide au logement. Cette aide est calculée avec leurs ressources des 12 derniers mois. La CAF récupère automatiquement les salaires perçus. Seuls les revenus d'apprentissage au-delà de 18 473 € par an sont pris en compte dans le calcul de cette aide.

Penser aussi à leur rappeler que pour bénéficier d’une aide au logement, il faut avoir signé un bail en leur nom (pas celui de leurs parents !!!).

         Et pour les autres aides au logement : pensez à Action Logement !

Que ce soit en se portant garant pour appuyer un dossier auprès d’un propriétaire (Garantie Visale), en avançant tout ou partie du dépôt de garantie (Loca Pass) ou par le versement de différentes aides (Mon job mon logement, Mobili-Pass et Mobili-Jeune), Action Logement, acteur majeur du logement en France, apporte des solutions concrètes aux apprentis pour leur faciliter l’accès au logement et réduire leurs dépenses.

Rappelez-vous, on vous avait mis tous les détails dans la newsletter d’avril 2022 ! https://www.mgacf.fr/pages/newsletter-avril-2022.html

L’alternance c’est aussi se déplacer au quotidien entre son domicile, son école ou son entreprise.

Vu la sensibilité des jeunes à la lutte contre le réchauffement climatique et la hausse du prix du carburant, on ne saurait trop vous conseiller de les encourager à utiliser les transports publics.

          Vous pouvez commencer par signaler la participation obligatoire des employeurs au coût des services de transports publics

L’employeur (de droit privé ou public) doit prendre en charge 50 % du prix des titres d’abonnements souscrits par ses salariés pour l’intégralité du trajet entre leur résidence habituelle et leur lieu de travail accompli au moyen de services de transports publics. C’est vrai aussi même si plusieurs abonnements sont nécessaires à la réalisation de ce trajet (train + bus par exemple). Sont également concernés les services publics de location de vélos.

https://www.urssaf.fr/portail/home/employeur/calculer-les-cotisations/les-elements-a-prendre-en-compte/les-frais-professionnels/les-frais-de-transport/trajet-domicilelieu-de-travail/prise-en-charge-obligatoire-des.html

Certains employeurs vont même au-delà de leurs obligations légales. Pensez à encourager vos apprentis à se renseigner auprès de la DRH de leur entreprise.

Il y a aussi des aides spécifiques ou des tarifs commerciaux préférentiels pour les apprentis.

 Des abonnements de train pour ceux qui habitent loin

Si votre apprenti a moins de 27 ans, la Carte Jeune lui permettra de profiter de tarifs réduits sur tout le réseau SNCF. La carte coûte 50 € par an et il y a même des promos en cours dans certaines régions. Il existe aussi d’autres abonnements SNCF qui garantissent des tarifs préférentiels sur certains trajets.

Par ailleurs les usagers du TER peuvent également profiter de l’abonnement élève, étudiant, apprenti. Son tarif dépend de la région de résidence du jeune et du trajet. Certains abonnements proposent aux apprentis des déplacements à -50% en mode loisirs.

Pour en savoir plus sur les différents abonnements SNCF, c’est ici.

          Et parfois il existe aussi des tarifs préférentiels dans les transports urbains publics pour les déplacements en ville

Pour ce qui est des transports en communs en ville, il n’existe pas d’aide au transport en tant que telle pour les jeunes apprentis, mais de nombreux tarifs préférentiels sont appliqués pour les jeunes travailleurs. Conseillez-leur de se rendre dans un bureau d’information du réseau de transport en commun de leur ville pour se renseigner.

          Et enfin, il y a l’aide de 500€ accordée à tous les apprentis pour le permis B

Le Décret n° 2019-1 du 3 janvier 2019 relatif à l'aide au financement du permis de conduire pour les apprentis instaure une aide aux apprentis de plus de pour financer leur permis de conduire. Cette aide est la bienvenue compte tenu du coût élevé de cette formation.

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000037941683/

Le montant de l’aide est de 500 euros pour tous, quel que soit le coût du permis.

L’aide n’est accordée qu’une fois par apprenti : attention aux coûts supplémentaires en cas d’échec à l’examen !

Il est possible de cumuler l’aide de 500 euros avec d’autres aides, même les prestations familiales.

Les conditions pour en bénéficier sont simples : l’apprenti doit avoir plus de 18 ans, un contrat d’apprentissage en cours d’exécution et être engagé dans la préparation des épreuves du permis de conduire autorisant la conduite des véhicules de la catégorie B.

Cette aide est versée par les centres de formation d’apprentis à l’apprenti ou, le cas échéant, à l’école de conduite. Vous pouvez initier des partenariats avec les auto-écoles pour que ces dernières proposent des forfaits à prix réduits. A condition que ce ne soit pas au détriment de la qualité de la formation bien sûr…

On vous recommande de signaler à vos apprentis la page suivante pour y retrouver toute l'information utile et aussi celles qui vous permettront d’accompagner les apprentis dans leur demande d'aide au financement du permis B.

https://www.alternance.emploi.gouv.fr/cfa-aide-au-financement-du-permis-de-conduire-b

De multiples aides existent. D'autres aides sont proposées pour des situations spécifiques (situation de handicap) et sujets particuliers (la culture). Leur éligibilité dépend de nombreux critères.

Dans le but d’améliorer les conditions de vie des jeunes, certaines régions peuvent même offrir aux apprentis installés sur leur territoire un soutien financier dans le cadre de leur formation d’apprentissage.

Selon leur âge et niveau de diplôme, les apprentis auront peut-être également droit à la prime d’activité. Vous pouvez faire une simulation sur caf.fr.

https://connect.caf.fr/connexionappli/dist/?forceReload=20211220&contexteAppel=caffr&urlredirect=%2Fwps%2Fmyportal%2Fcaffr%2Fmoncompte%2Ftableaudebord#/login

A notre avis, le meilleur site disponible actuellement pour se renseigner sur ces aides est la version beta du site #1jeune1solution. Il permet de simuler toutes les aides auxquelles les apprentis sont éligibles en fonction de nombreux critères à renseigner : leur nationalité, leur âge, leur niveau d’étude, leur lieu de résidence et celui de leurs parents…, et bien sûr de leurs revenus.

https://mes-aides.1jeune1solution.beta.gouv.fr/

On vous invite à leur faire tester ce lien lors de vos séances d’accompagnement et à nous dire ce que vous en pensez !!!

Et si on a oublié de signaler des choses importantes à vos yeux, faites-le nous savoir !

 
  • Acteur du mois - Le médiateur de l'apprentissage

Savez-vous que le médiateur de l’apprentissage est essentiel pour vous aider à résoudre les litiges entre les employeurs et les apprentis ?

Pour vous en convaincre, nous avons interviewé Sandrine BAILLEUL, conseiller développement / référent régional Point Orientation – Apprentissage et surtout médiatrice de l’apprentissage en Hauts de France au sein de la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Elle nous a fait part de son expérience. Elle nous a expliqué son rôle en tant que médiatrice de l’apprentissage. Pour illustrer ses propos, elle nous a raconté son quotidien et des situations dans lesquelles elle est intervenue pour aider des apprentis et leurs employeurs à résoudre des conflits et prévenir la rupture du contrat. Elle nous a également prodigué des conseils précieux qu’on est heureux de partager avec vous. Un grand merci à elle et à ses collègues de la CCI Hauts-de-France pour ce temps d’échange et pour leur engagement au service d’un apprentissage harmonieux et de qualité pour tous.

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Sandrine Bailleul : Pour être médiateur de l'apprentissage, il faut bien connaitre les entreprises, les jeunes et le secteur de la formation. Il faut aussi avoir une sensibilité pour l'accompagnement des jeunes. On a besoin de comprendre les situations et se mettre à la place de nos interlocuteurs, employeurs comme apprentis.

Côté jeunes, il faut connaitre leurs parcours, avoir une idée de ce que cela représente de faire une première entrée dans le monde du travail.

Il faut aussi savoir se mettre à la place de l'entreprise, quel que soit sa taille et son secteur.

Notre domaine de compétence porte sur les entreprises qui relèvent de nos organisations consulaires (chambres de commerce et d'industrie - CCI, chambres des métiers et de l'artisanat - CMA, chambres d'agriculture - CA). Elles ont d’ailleurs l'habitude d’être en contact avec nos organismes pour d'autres sujets. En revanche, nous n’intervenons pas auprès des employeurs publics et de leurs apprentis qui ne relèvent pas de notre compétence.

SB : Quand on est médiateur on a une obligation de formation spécifique sur la médiation de l’apprentissage. On a aussi l’occasion de faire partie de groupes d’échanges de pratique au niveau national.

A la CCI Hauts-de-France, nous sommes quatre médiateurs. On a ainsi la chance de pouvoir réfléchir à plusieurs sur un dossier lorsque cela est nécessaire. Cela nous permet de prendre du recul, même s'il n’y a qu’un seul médiateur par dossier.

SB : Nous sommes compétents sur toutes les questions qui concernent l'exécution du contrat de travail.

Nous intervenons donc à la demande de l’apprenti ou de l’employeur sur les litiges qui sont susceptibles de déboucher sur une rupture.

On est normalement saisi en cas de rupture à la demande de l'apprenti.

Et on est saisi à la demande de l'apprenti ou du CFA en cas de procédure d'exclusion définitive de la formation ; cela en raison des conséquences que cela entraine sur le contrat de travail.

L'idée est de permettre aux parties de rechercher une solution grâce à la médiation.

Bien sûr, il est en premier lieu nécessaire d'avoir le consentement des parties. Elles doivent accepter de rechercher des solutions. L'employeur et l'apprenti sont libres d'entrer (ou pas) en médiation et d'en sortir à tout moment : il faut une libre adhésion au processus. Sans leur accord, pas de médiation possible !

On rappelle toujours aussi, en début de processus, que les échanges qui ont lieu dans le cadre de la médiation sont confidentiels. Ce qui se dit dans le bureau du médiateur, reste dans le bureau du médiateur !

On va ensuite essayer de réunir les conditions du dialogue, de la compréhension mutuelle pour que les parties puissent trouver ensemble une solution à leurs différends. L’idée est d’éviter que le litige soit porté devant les Prud’hommes.

C'est à nous d'exposer l'intérêt de la médiation pour susciter l'envie et l'adhésion au processus et à sa participation active au cours des différentes rencontres.

Mais attention, on n'est pas conseil juridique !!! Notre rôle consiste à accompagner les parties prenantes pour qu’elles trouvent, elles-mêmes, les bonnes informations leur permettant de prendre les décisions qu’elles jugent acceptables pour elles.

C’est-à-dire qu’on est médiateur, pas conciliateur ! On ne prend pas de décision à la place de l’employeur et de l’apprenti. Les décisions qui sont prises, finalement, leur appartiennent.

Nous ne sommes ni juges ni arbitres. On ne préconise pas de solution car on est extérieur au différend qui les oppose. À la différence d'un médiateur d'un service public, qui, à l’occasion d’un litige entre l’organisme et son usager, peut, lui, proposer une solution de médiation.

Bien sûr on encourage des solutions pérennes.

Il est également important de signaler que l’on n'est pas compétent sur la partie pédagogique ! Nous n’intervenons pas dans la relation entre le CFA et l'apprenti.

SB : La médiation s’est organisée à la suite de la réforme, à partir de 2019. Quand la mission a été mise en place au niveau national, il y a eu un travail inter-consulaire. Un réseau national de médiateurs s’est ainsi mis en place.

Malheureusement, comme vous pouvez l’imaginer le confinement a limité les rencontres.

Mais nous avons pu travailler en visio.

Nous avons aussi un espace privé d'échanges permettant de poser des questions sur l’interprétation d'un texte. Cela permet de construire une grille de lecture commune au niveau national.

Par exemple, concernant les demandes de démission. Les questions que l’on partage peuvent être : « Que se passe-t-il si le médiateur n’est pas saisi ? » ; « Que se passe-t-il si le prévis n’est pas respecté ? » On tente ainsi d'avoir une réponse commune au niveau national.

Au niveau des chambres consulaires en Hauts-de-France, on travaille avec l'ensemble du réseau (chambres de commerce et d'industrie - CCI, chambres des métiers et de l'artisanat - CMA, chambres d'agriculture - CA). Nous sommes donc 3 réseaux en Hauts de France. Le champ d'intervention de chacun dépend du référencement consulaire de l’entreprise concernée.

SB : Pour chaque cas sur lequel nous sommes saisis il n’y a que l'employeur, l'apprenti et le médiateur. Et bien sûr au moins l’un des tuteurs légaux est présent si l’apprenti est mineur.

Il peut y avoir d'autres parties présentes dans certains cas, si on le juge pertinent pour faire avancer la discussion : par exemple un représentant du CFA. Mais pour cela il faut obligatoirement l'accord des deux parties.

SB : Il est préférable de saisir le médiateur plutôt que de porter l’affaire devant le conseil des prud’hommes. L’adage dit : Un mauvais arrangement vaut mieux qu'un bon procès. Il faut nous saisir à chaque fois qu’un litige peut nuire à la bonne exécution du contrat.

A l’inverse, comme je l’ai dit auparavant, il ne faut pas nous solliciter sur les questions pédagogiques ! Par exemple si l’apprenti juge que l'entreprise le forme mal et lui donne des missions non conformes au référentiel, le premier interlocuteur c'est le CFA. C’est lui qui connait le contenu pédagogique de la formation et qui est en mesure d'en faire état à l'entreprise.

On peut être saisi sur une question concernant la rémunération de l’apprenti qui débouche sur un problème plus complexe...

Les problématiques sont multiples et le travail du médiateur aide les parties à prendre du recul pour trouver une solution commune.

SB : Je pense au cas d’un litige sur la mission confiée en entreprise. Des échanges ont lieu entre l’entreprise, le CFA et l’apprentie mais finalement la situation reste bloquée. L’apprentie saisit le médiateur pour une démission. Elle est en arrêt de travail, elle ne suit plus les cours. Grâce à la médiation, le CFA maintient l’apprentie en poursuite de formation. L’entreprise et l’apprentie se séparent dans un cadre le moins conflictuel possible.

Le cas inverse peut aussi se produire et l'entreprise peut saisir le médiateur.

Je pense à une situation complexe où l’employeur, également ascendant de l’apprenti, saisit le médiateur. Le conflit est à la fois familial et professionnel, l’apprenti est mineur et les parents séparés. La médiation permet de traiter les difficultés liées au contrat d’apprentissage. A l’issue, l’apprenti retourne en entreprise encadré par un nouveau maitre d’apprentissage salarié de l’entreprise et avec qui il n’a pas de lien familial.

Souvent après notre intervention les ruptures à la demande de l’apprenti se transforment en rupture d'un commun accord. La situation est apaisée.

En cas de convocation devant la commission de discipline du CFA et de risque d’exclusion de l’apprenti, le CFA ou l’apprenti peuvent saisir le médiateur en amont. Dans ce cas, le médiateur va proposer une médiation avec le CFA, l’entreprise et l’apprenti. L’intervention du médiateur va permettre de s'assurer que l'apprenti a les bonnes informations (règlement intérieur du CFA, de la procédure et des conséquences des décisions prises).

Cette procédure heureusement reste rare.

Notre rôle est aussi de faire comprendre notre mission aux personnes référentes dans les CFA afin qu’ils puissent accompagner leurs apprentis.

La médiation est un outil au service de l’apprentissage.

SB : Ce qui est important c'est de garder en tête que l'objectif de l'apprentissage est d'amener un jeune vers un métier et d’obtenir un diplôme ou un titre. Toutes les règles du code du travail découlent de cet objectif-là !!!

Si on garde cela à l’esprit, on comprend mieux l'organisation d'ensemble et le rôle de chacun.

Notre rôle de médiateur nous tient à cœur. Les CFA ne doivent pas hésiter à nous questionner. Nous ne voulons pas devenir une chambre d'enregistrement des ruptures de contrat.

A la CCI Hauts-de-France, nous répondons à toute personne qui en fait la demande. C’est pour nous un vrai enjeu de disponibilité.

 

Tous les ans, un sujet continue de surprendre les employeurs les moins informés : les congés révision. On fait le point sur ce dispositif épineux qui doit être expliqué avec une bonne dose de pédagogie.

Les « congés révision » sont prévus à l’article L6222-35 du code du travail. Et cette première information est déjà importante. Car elle indique que ces congés sont prévus par la loi, et non par le CFA. Il n’y a donc pas de négociation possible sur leur application. On a même l’article R6227-7, toujours du même code, qui prévoit une contravention de cinquième classe pour l’employeur qui empêche la prise de ce congé.

Maintenant qu’on a fait peur à tout le monde, essayons de nous calmer et de voir comment fonctionne ce congé.

Tout d’abord, l’article est clair sur sa durée. Il est de 5 jours ouvrables, donc les jours décomptés vont du lundi au samedi. Rien n’est précisé dans la loi sur la nécessité que ces jours soient consécutifs. La loi nous dit en revanche qu’il sert à « la préparation directe des épreuves » et qu’il est situé « dans le mois qui précède les épreuves ». Bien que ce ne soit pas suffisamment précisé, on parle bien ici des épreuves permettant l’obtention définitive du diplôme objet du contrat d’apprentissage. Cela signifie qu’un apprenti, sauf accord explicite avec son employeur, ne peut pas utiliser son congé révision pour un partiel de mi-parcours, ou lorsque sa formation est évaluée en contrôle continu. C’est d’ailleurs repris de manière un peu plus claire dans le Précis de l’apprentissage. Pour mieux le définir, l’examen final est celui qui permet de déterminer si l’apprenti est diplômé ou non. Dans l’enseignement supérieur, c’est bien souvent la soutenance. Attention, les sessions de rattrapage ne sont pas à considérer, puisqu’elles ne seront pas obligatoirement utiles.
Révision

Ensuite, l’article L 6222-35 nous indique que l’apprenti doit suivre les enseignements spécialement dispensés par le CFA. Il y a là deux hypothèses.

Si le CFA où est inscrit l’apprenti prévoit une session de révision dans le mois qui précède les épreuves, l’apprenti devra obligatoirement utiliser son congé révision pour se rendre à cette session.

Mais si une telle session de révision n’est pas programmée par le CFA, et donc n’apparait pas dans le calendrier d’alternance, l’apprenti pourra utiliser son congé révision pour réviser comme il le souhaite. Chez lui. A la bibliothèque. Au cinéma… La loi ne fixant pas de règles spécifiques, il ne pourra pas y avoir de contrôle. Et après tout, on parle bien de physique quantique dans Avengers. Techniquement, cela signifie que l’apprenti pourrait également réviser au sein de l’entreprise. Ce qui peut être pratique s’il a besoin d’utiliser des équipements, ou pour poser des questions à ses collègues. Attention toutefois, étant en congé, l’apprenti n’a pas à travailler. Et la tentation peut être grande, l’ayant sous la main, de lui demander de réaliser une tâche, même toute petite. En cas d’accident, la responsabilité de l’employeur sera directement engagée. A éviter.

Un autre point important concernant ces congés, ils s’ajoutent aux congés payés annuels. L’apprenti, en tant que salarié à temps plein, bénéficie donc de 5 semaines de congés payés + 5 jours de congés révision. En plus de préciser formellement que ces congés sont rémunérés, nous utilisons cette indication pour justifier le délai avec lequel l’apprenti demande ce congé à son employeur. Je m’explique.

Pour les congés payés, l’employeur est responsable de l’ordre des départs. Concrètement, il peut imposer les dates de congé de ses salariés.

Oui, pour les 5 semaines.

Non, pas n’importe comment.

Il a notamment l’interdiction de modifier les dates de congé dans le mois qui précède le départ. Et c’est la même règle du côté salarié. Cela veut dire que ni l’employeur, ni le salarié, ne peut imposer à l’autre partie une modification s’il ne prévient pas au moins un mois à l’avance.

On utilise la même règle pour les congés révision. C’est pourquoi on demande à l’apprenti d’informer son employeur au moins un mois à l’avance. Qui plus est, dans le cas où le CFA n’organise pas de session de révision, et bien que l’employeur ne puisse pas s’opposer à l’utilisation de ce congé, il pourra tout de même demander à l’apprenti de modifier ses dates en raison de l’activité ou de l’organisation de l’entreprise.

Avec l’ensemble de ces informations, et en s’y prenant dès le début du contrat pour l’expliquer à l’employeur, la prise de ce congé révision devrait être facilitée. Si vous avez rencontré des difficultés particulières, venez-nous en parler sur LinkedIn, on se fera une joie d’animer le débat.

 

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