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  • Grégoire Dinouël

L'apprentissage dans le milieu agricole

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by Grégoire Dinouël




Maître Carré, c'est quoi ?


Si vous nous découvrez, Maître Carré, c’est le premier podcast français dédié aux maîtres d’apprentissage.


15 épisodes sont déjà disponibles sur Spotify, Apple podcasts, et sur notre site internet !


Le concept est simple, Mathieu reçoit chaque mois un invité différent afin de parler de ses bonnes pratiques, de ses choix, de ses doutes…


Mais pour cette troisième saison, on innove un petit peu : pour ceux qui n’ont pas le temps, ou qui n’apprécient tout simplement pas le format des podcasts, vous retrouverez chaque mois un résumé écrit de l’épisode sur le blog de notre site internet.



Ce mois-ci, Mathieu reçoit un invité un peu spécial, Alexandre Pointin

“Alexandre, c’est celui qui m’a accueilli en pépinière d’entreprise, c’est celui qui m’a conseillé, et qui écoute ce podcast chaque mois, qui me fait des retours”

Au delà de ça, Alexandre porte une triple casquette :

🚜 Exploitant agricole

👨🏻‍💻 Responsable des pépinières de la CCI Amiens-Picardie

🔵 Maître d’apprentissage





Alexandre ayant toujours eu la volonté d’être double actif, il était nécessaire qu’il recrute pour faire fonctionner son exploitation agricole.

Il a donc composé une équipe de 3 salariés, dont un apprenti en BTS ACSE (Analyse, conduite et stratégie de l'entreprise agricole), dont le contrat a débuté il y a bientôt deux ans.


Comme l’explique Alexandre, cet étudiant a pour ambition de poursuivre ses études, et de continuer son alternance dans la même société. C’est l’un des premiers points “d’alerte” que nous présente Alexandre :


Faut-il retenir son apprenti à la fin de son contrat, ou l’encourager à aller voir d’autres choses ?

“Il a envie de continuer chez nous, mais je l’encourage à aller voir ailleurs. Alors j’y vois un intérêt, forcément c’est une situation confortable pour moi et c’est valorisant de voir qu’il veut rester. Mais honnêtement j’y vois aussi une forme de facilité pour lui de rester ici. Mais je trouve ça un peu dommage car il pourrait apprendre beaucoup de choses ailleurs. Pas qu’il ait fait le tour de ce qu’il a à apprendre chez nous, mais il pourrait apprendre à travailler autrement.”

À ce sujet, Mathieu en profite pour passer un coucou à sa première apprenti, Anaïs, qui s’est envolée vers de nouveaux horizons à la fin de son contrat chez MGACF ✈️


Certes, l’apprenti d’Alexandre (Simon) apprend beaucoup grâce à son alternance, mais Alexandre a bien compris que l’intérêt peut être double, mais l’entreprise peut aussi profiter des idées du jeune !

“Quand on recrute un apprenti, il y a forcément le levier financier qui est intéressant, y’a aussi l’envie de partager avec un jeune et de s’acculturer de ce qu’il peut t’apprendre. Parce qu’on va lui dire “Ok, tu viens chez moi”, mais soit force de proposition, exprime tes envies.”


Est-ce que c’est dur de recruter un apprenti dans le milieu agricole ?


Côté chiffres, l’apprentissage dans le milieu de l’agriculture représentait 3,5% des apprentis du secteur public en 2018, et 2,3% des apprentis du secteur public en 2022 (ce qui représente environ 19 000 apprentis).

Si je sors du périmètre apprentissage, j’ai voulu y’a quelques temps recruter pour la ferme. Une de mes priorités à ce moment là, c’était de recruter une fille. Sur 25 candidats, j’ai eu une fille, et je crois qu’elle s’était trompé d’adresse…
L’agriculture, c’est un métier de recommandation. L’apprenti qui est chez nous aujourd’hui, il nous a été recommandé. Alors c’est le cas dans beaucoup de métiers, mais dans le métier d’agriculteur, t’as une sorte de corporation, de culture… C’est assez facile de contacter un agriculture pour savoir si ça s’est bien passé avec la personne au préalable. Donc finalement, non, ça n’a pas été très compliqué.


Comment gérer son apprenti de manière “partagée” ?


Il y a forcément un point que Mathieu voulait aborder. Alexandre est l’employeur et transmet des connaissances à son apprenti, sur l’exploitation agricole, sur la manière de mener tout ça… Mais c’est le chef de culture qui est aux côtés de l’apprenti au quotidien.

Comment gère-t-il cette situation ?

Ça s’est fait naturellement… Mon chef de culture, c’est la technique, et moi j’ai plutôt cette partie gestion, dimensions stratégique et financière. Les sujets sont répartis entre nous et notre apprenti le sait donc il va voir la personne en fonction. Il faut que les lignes soient claires pour tout le monde. Et ça l’est d’ailleurs aussi pour nos partenaires. On fait aussi très attention à ce que l’apprenti veut, et ça c’est très rare dans le monde agricole… On prend souvent des décisions tous ensemble, et on sait comment chacun travaille.


Comment son rôle de responsable des pépinières lui sert-il dans son rôle de maître d’apprentissage ?


Mathieu souligne également qu’Alexandre, en tant que responsable des pépinières et ancien start-up manager, conseille énormément d’entreprises en création, et donc souvent avec des apprentis. Est-ce qu’il s’en sert pour regarder les bonnes pratiques, est-ce qu’il en ressort une sorte de pression, un syndrome de l’imposteur…?

Dans ce rôle d’accompagnement que je propose, une des premières questions que je pose, dès lors que tu veux prendre une décision, qu’elle soit financière, de recrutement… C’est pourquoi tu veux le faire ? Donc ça j’essaie de me l’appliquer à moi-même. Ensuite quant au pilotage de l’apprenti, oui je vois des gens qui font 10 fois mieux que moi, à commencer par toi. Mais je ne pense pas à avoir à rougir du modèle qui est en place chez moi puisque j’ai vraiment l’impression que depuis son arrivée, on a pu l’accompagner sur le plan technique mais aussi dans sa personnalité. Je suis très vigilent à ce que les gens se sentent bien au boulot dans mon exploitation.


Y’a-t-il des pratiques, des outils, qu’Alexandre a pu observer dans des entreprises qu’il accompagne et qu’il a pu réutiliser ?

Oui, de façon générale, tu t’inspires des modèles que tu vois. Donc y’a des choses que je trouve très chouettes, mais qui sont de l’immatérielle. La communication notamment. Si t’es enfermé dans tes idées et dans ta posture, t’as aucun intérêt à travailler avec des gens, il faut changer de modèle. Dans mon parcours de manière plus général, j’ai eu pleins de manageurs différents, certains que j’ai détesté et qui m’ont fait quitter des métiers, et d’autres qui m’ont beaucoup, notamment dans le partage des décisions, dans des discussions qui te font progresser…


Alexandre, c’est quoi ton “secret tech”, ton petit tips supplémentaire à donner à quelqu’un qui veut devenir maître d’apprentissage pour la première fois ?

Parle-lui. Je ne vois pas d’autre conseil à donner. En se parlant, tu vas comprendre pourquoi tu es allé chercher un apprenti, et lui va comprendre ce que tu attends de lui.
 

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